Du lac Mjøsa à la mer / Une aventure Liteboat en Norvège

Il était trop tard pour changer d’avis. Nous avions déjà parlé de notre projet à tant de personnes, emmener notre LiteSport 2X du plus grand lac de Norvège, Mjøsa, en descendant la plus grande rivière du pays jusqu’au fjord d’Oslo. Nous nous devions donc d’essayer, même si nous n’avions sûrement pas l’expérience requise pour ce genre d’aventure !

– Quand avez-vous eu cette idée ? Nous demanda un ami
– Il y a trois jours
– Et vous voulez partir dans quatre jours ? Vous êtes fous ? Sans entraînement ?

Bon, en fait notre idée était que cela puisse constituer un bon entraînement. Peut-être ambitieux, mais nous ne faisons plus grand chose qui ne soit pas préparé jusqu’au plus petit détail dans notre monde actuel. Cette expérience se devait d’être différente. Une petite aventure, juste pour voir si c’était possible. Ni Sissel ni moi même n’avions ramé,

Et nous ne savions pas trop ce que cette distance à l’aviron pouvait représenter en terme d’effort.

– Combien de kilomètres, dites-vous ?
– Nous ne disons rien. En fait on ne sait pas encore vraiment.
– Donc je confirme, vous êtes fous.

185km, c’est ce que Google disait, en prenant en compte nos sept parcours avec le bateau sur la remorque pour passer les chutes d’eaux et les barrages. Plutôt pas mal. En fait, comme écrit précédemment : c’était déjà trop tard pour changer d’avis.

On a mis le bateau, un LiteSPORT 2X, sur le toit de la voiture, et on est partis un lundi matin aux aurores, dans les bouchons d’Oslo. Un brouillard froid et matinal nous entourait, et seuls les arbres se détachaient. Nous nous retrouvions soudainement dans un autre monde.

La rivière Vorma est plutôt étroite, et il y a un assez fort courant, une bonne aide pour démarrer. Après quatre heures, elle rejoint la rivière Glomma, et malheureusement le courant se ralentit considérablement, nous n’avions d’autre choix que de ramer plus fort.

La rivière regroupe plusieurs barrages hydro-électriques, et sur notre parcours nous en passerons au moins cinq, soit plus de 600 mégawatts, assez pour nourrir plusieurs villes en énergie verte ! Pour nous, c’était bien sûr des obstacles à notre avencée, mais également l’occasion de belles marches, avec un repos pour les bras. En réalité pas vraiment un repos, j’avoue. A plusieurs reprises nous avons dû batailler contre la nature sauvage, et à d’autres endroits nous faufiler dans des petites ruelles de villes affairées. Nous avons utilisé le chariot démontable Liteboat, parfait avec ses grandes roues pour faire des kilomètres sur des petits chemins.

Le premier jour nous conduit au lac Øyeren où après quelques recherches nous trouvons un lit confortable. Au bout de douze heures de rivière et de route, aucun problème pour nous endormir.

La surprise du lendemain fut le manque de courant dans notre sens. Il a fallu réduire nos ambitions ! En complément, les sections incroyablement ennuyantes avec des arbres, des arbres et encore des arbres furent épuisantes. Mais là encore, notre moral remontait en flèche à chaque petit détail, les nuages qui se dispersent, des oiseaux inconnus et la délicieuse nourriture de Sissel, préparée en quantité. Avec le vent de face (enfin, de dos) du deuxième jour, nous nous sommes effondrés en arrivant le soir, après treize heure aux avirons.

La troisième et dernière journée fut chaude et ensoleillée.

– Alors, où allez vous ? Nous demanda un fermier, alors que nous croisions son tracteur sur une route étroite
– A la mer !
– C’est par là alors, vous devriez trouver votre bonheur !

Nous avons mis notre LiteSport 2X à l’eau une dernière fois, pour les vingt-cinq kilomètres finaux après la rencontre avec le fermier. C’était notre dernière section, et nous sentions approcher notre objectif. C’était sans compter sur le dernier pont, que nous frôlons à quelques centimètres avec un fort courant. Ça aurait pu mal finir, comme beaucoup d’autres moments dans cette épopée !

Mais heureusement pour nous, ce bateau est vraiment très stable.

Notre souvenir le plus fort ? Surement notre dernière heure sur l’eau, après avoir goûté à l’eau salée, alors que nous discutions déjà de là où notre bateau nous emmènerait la prochaine fois !

Sissel et Tor Erling Granseather.

 

2017-07-13T09:18:29+00:00